Des dizaines de milliers de soldats marocains, désignés par l'administration française sous les termes « goumiers » ou « tirailleurs », ont servi sous drapeau français.
Ce site vous aide à retrouver vos ancêtres et identifier leur lieu d'inhumation.
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Notre outil agrège 17 bases officielles françaises et internationales.
Nom, prénom approximatif, unité, conflit, région d'origine — l'outil génère aussi des variantes orthographiques automatiques pour les translittérations arabes.
Liens directs pré-remplis vers Mémoire des Hommes, ANOM, CWGC (britannique), FindAGrave, FamilySearch et Geneanet — sources françaises et internationales.
Vous disposez d'informations sur un soldat non répertorié ? Contribuez à cette base communautaire — chaque contribution est vérifiée avant publication.
17 bases de données, recherche approximative, suggestions orthographiques automatiques pour les translittérations.
Lancer une recherche →Films de fiction et documentaires vérifiés consacrés aux soldats marocains — d'Indigènes (2006) aux archives filmées.
Voir la sélection →Cérémonies annuelles, inaugurations et voyages mémoriels — l'agenda sourcé des événements dédiés.
Voir l'agenda →Étymologie : du verbe français tirer — un tirailleur désigne depuis le XVIIIe siècle un fantassin léger se déplaçant en ordre dispersé. Le terme décrit la tactique avant de désigner le corps.
Étymologie : de l'arabe marocain qawm (قوم) — groupe, peuple, communauté d'appartenance. Emprunté de l'arabe du Maghreb gum (troupe, tribu). Source : Dictionnaire de l'Académie française.
À l'arrière du front, les soldats marocains étaient cantonnés dans des camps distincts. Des circulaires militaires internes encadraient explicitement leurs déplacements et contacts. La circulaire du 7 juillet 1916 du Cabinet du Ministre de la Guerre impose une surveillance rapprochée des soldats nord-africains — analysée par Richard Fogarty dans Race and War in France (p. 112-134).
À la démobilisation de 1919-1920, les soldats marocains furent rapatriés rapidement, sans cérémonie officielle. Les pensions versées étaient structurellement inférieures à celles de leurs homologues métropolitains — inégalité documentée dans les archives du SGAC (ANOM série F/19-3Mme). Les pensions des soldats marocains furent ensuite cristallisées — c'est-à-dire gelées à leur valeur de l'indépendance — par l'article 71 de la loi de finances n°59-1454 du 26 décembre 1959, applicable aux Marocains à compter du 1er janvier 1961. Un soldat marocain touchait en 2000 une pension d'invalidité de 1,18 euro du point, contre 12,48 euros pour un combattant français — soit dix fois moins. Le Conseil d'État avait pourtant déclaré ce système contraire à la Convention européenne des droits de l'homme (arrêt Diop, 30 novembre 2001). Une première revalorisation partielle intervint avec la loi de finances 2002. La décristallisation complète des pensions d'invalidité et de la retraite du combattant ne fut effective qu'au 1er janvier 2007 (loi de finances 2007), puis étendue par la décision du Conseil constitutionnel du 28 mai 2010.
Le terme qawm (قوم) désigne en arabe un groupe humain organique — une communauté, un ensemble de pairs. Son appropriation par l'administration militaire française en fait une catégorie ethno-militaire administrative, distincte des autres corps de l'armée française. Le « goumier » cesse de désigner un individu membre d'un groupe pour devenir un type — associé dans les archives françaises à des qualités supposées collectives : l'endurance, la mobilité, une « rusticité guerrière ».
Le fait que ces unités ne bénéficiaient pas du statut juridique de l'armée régulière — contrairement aux Tirailleurs et Spahis (loi de 1923) — illustre que la différenciation terminologique avait des conséquences matérielles directes : les ayants droit des Goumiers morts au combat se sont vus exclus de toute procédure de pension après 1945. Ce n'est qu'après de longues procédures qu'une partie des droits fut reconnue.
Le terme est d'abord fonctionnel : un tirailleur est un fantassin en ordre dispersé (du verbe tirer). Appliqué aux soldats marocains, il devient une désignation ethnique — les « Tirailleurs marocains » comme les « Tirailleurs sénégalais » sont identifiés non par leur rôle tactique mais par leur origine. Cette ethnicisation est une caractéristique spécifique du recrutement français dans ses territoires sous administration.
Ce site emploie ces termes parce qu'ils sont ceux des archives officielles et des actes d'état civil militaires — ils permettent d'identifier les soldats dans les bases de données. Leur usage ici est documentaire, non prescriptif. Là où le contexte le permet, nous privilégions les formulations « soldats marocains » ou « combattants marocains ».
La Nouba — musique militaire traditionnelle des unités marocaines — défilait avec une tenue spécifique : veste boléro bleu ciel, gilet à ornements jaunes, séroual, large ceinture rouge. Le bélier-mascotte ouvrait traditionnellement le cortège. ▶ Écouter la Nouba
Dans les rangs de la 1re Armée française débarquée en Provence en août 1944, les Goumiers ne passaient pas inaperçus. La djellaba est aujourd'hui un symbole mémoriel reconnu des associations d'anciens combattants.
Lors de la libération de Paris le 25 août 1944, la BBC a révélé le 6 avril 2009, dans l'émission Document de BBC Radio 4, présentée par Mike Thomson, à partir d'archives militaires américaines et britanniques déclassifiées — que le général américain Ralph Smith et des officiers britanniques avaient exigé que les troupes entrant dans Paris soient exclusivement des soldats blancs. Le correspondant de guerre américain A.J. Liebling (The New Yorker, 1944) et des archives du SHAEF (National Archives, College Park, Maryland, RG 331) documentent cette exigence. Article BBC, 6 avril 2009 — sur les soldats africains effacés de la libération de Paris. Sur les ~150 000 soldats alliés ayant débarqué en Provence le 15 août 1944, l'Armée B du général de Lattre comptait ~60 000 Français dont une large majorité de soldats d'Afrique du Nord et d'Afrique subsaharienne — leur contribution disparaît du récit dominant de la Libération.
Ce n'est qu'en 1999, pour « l'Année du Maroc en France », que la Garde Royale Marocaine ouvrit officiellement le défilé du 14 Juillet sur les Champs-Élysées — 54 ans après la fin de la guerre. C'était le premier contingent étranger autonome à participer à un tel défilé depuis 1939.
Des milliers de soldats marocains reposent dans des ossuaires collectifs, sans sépulture individuelle, sans nom gravé. Une forme encore d'effacement mémoriel.
Le 5 septembre 1914, lors de la bataille de la Marne, 1 150 hommes de la Brigade Marocaine sont tués, blessés ou portés disparus en une seule journée d'assaut sans appui d'artillerie. Les soldats tombés sont inhumés sur le champ de bataille. En 1920, leurs corps sont rassemblés dans un cimetière provisoire au pied du bois du Télégraphe. En 1924, ils sont transférés dans l'ossuaire D du cimetière militaire national de Chambry.
L'identité de la grande majorité de ces soldats reste inconnue à ce jour. Ils reposent collectivement, sans nom, sans mention individuelle, sans que leurs familles puissent leur rendre hommage sur une tombe identifiée.
Des dizaines de milliers de soldats marocains sont répertoriés dans les archives françaises et internationales.
Lancer une recherche maintenantComme dans de nombreuses familles marocaines, un récit se transmet de génération en génération : celui d'un membre de la famille disparu soudainement pendant les conflits du XXe siècle, sans que l'on ait jamais reçu de nouvelles, sans savoir s'il était mort, dans quelles circonstances, ni où il reposait.
À presque cinquante ans, et forte de mes compétences en enquête, j'ai décidé de mener cette investigation familiale. En cherchant, j'ai compris que notre histoire n'était pas unique — elle était commune à des dizaines de milliers de familles au Maroc et en Europe.
L'idée de ce site est née de cette prise de conscience : centraliser les ressources, agréger les bases de données officielles, et faciliter la recherche pour toutes ces familles qui cherchent.
Un autre moment a été décisif. En me promenant dans le carré militaire d'un cimetière proche de mon domicile, j'ai observé que sur la majorité des tombes de soldats africains — d'Afrique du Nord et d'Afrique subsaharienne — figuraient deux, voire trois identités différentes gravées sur la même stèle. J'ai regardé les autres tombes du même carré : ce n'était pas le cas pour les autres soldats. Seuls les soldats africains étaient regroupés à plusieurs dans une seule sépulture — et cette sépulture n'était souvent pas orientée vers La Mecque, contrairement aux prescriptions religieuses islamiques.
Ce constat a transformé un projet de recherche généalogique en un projet mémoriel. Ces hommes méritaient mieux que l'oubli. Ce site est une modeste contribution à leur mémoire.